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« L’esprit critique » théâtre : le deuil, les funérailles et le vivant

cudhfrance@gmail.com by cudhfrance@gmail.com
April 26, 2026
in France
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« L’esprit critique » théâtre : le deuil, les funérailles et le vivant


Un classique du théâtre de l’entre-deux-guerres retraduit, une référence à une baronne et écrivaine danoise ayant fait un pacte de création avec le diable et une tentative de mettre en et sur scène la philosophie contemporaine du vivant…

On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ultime pièce du poète Federico García Lorca, La Maison de Bernarda Alba, mise en scène par Thibaud Croisy au théâtre de Gennevilliers ; de Vudú (3318) Blixen, titre singulier donné à la nouvelle performance de plus de cinq heures proposée par l’Espagnole Angélica Liddell, qui était récemment visible au théâtre de l’Odéon ; et enfin de la proposition de la metteuse en scène Clara Hédouin à partir de l’essai du philosophe Baptiste Morizot intitulé Manières d’être vivant, créée à l’automne à Villeurbanne et donnée récemment à la MC93 de Bobigny.

« La Maison de Bernarda Alba »

La Maison de Bernarda Alba est l’ultime pièce du poète Federico García Lorca, assassiné par des miliciens franquistes le 19 août 1936, deux mois seulement après avoir terminé ce texte prenant la forme d’un huis clos dans une maison andalouse où une mère, Bernarda Alba, enferme ses cinq filles pendant des années pour respecter la tradition du deuil de son mari.

Le metteur en scène Thibaud Croisy en propose une nouvelle traduction, effectuée en collaboration avec Laurey Braguier et publiée à L’Arche, et une nouvelle transposition sur scène, présentée au théâtre de Gennevilliers, après être passée par Mulhouse et Bordeaux.

Cette mise en scène perturbe la distribution habituelle de la pièce, puisque Thibaud Croisy a pris un homme pour jouer Poncia, la gouvernante et servante de la maisonnée qui commente le drame, et qu’il a confié les rôles des cinq filles de Bernarda à des actrices aux corps et âges fort dissemblables.

Ce choix de confier les rôles de la pièce non pas à de jeunes actrices qui se ressembleraient mais à des femmes d’âge mûr aux physiques différents souligne la cruauté de la situation de ces femmes célibataires dont les désirs se heurtent aux murs entre lesquels n’apparaissent que des fragments du monde extérieur.

Parmi ces fragments sur lesquels fantasment les femmes enfermées, Pepe le Romano, l’un des plus beaux hommes de la région, que l’aînée et la plus laide des cinq sœurs, Angustias, pourrait épouser grâce à l’héritage que lui a laissé son père, mais dont est aussi tombée amoureuse la benjamine de la famille, Adela.

La Maison de Bernarda Alba, de Thibaud Croisy, était récemment au théâtre de Gennevilliers et sera bientôt visible à Bordeaux, au théâtre de la Cité internationale à Paris, à Angers, à Clermont-Ferrand, à Béthune, à Juvisy et à Valenciennes.

© Mediapart

« Vudú (3318) Blixen »

« Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire, une génération où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté ne doit pas être perdue, cette sauvagerie esthétique, cet excès ! Je suis un samouraï, je me bats jusqu’à la mort. La mort est et sera toujours au centre de ma vie », avait déclaré Angélica Liddell à l’occasion de la remise d’un prix en juin 2025 pour Dämon, el funeral de Bergman.

C’est dans ce registre que s’inscrit Vudú (3318) Blixen, titre de la nouvelle proposition de l’actrice, performeuse et metteuse en scène, placé sous le signe de la baronne danoise Karen Blixen, connue sous le nom de plume d’Isak Dinesen, autrice notamment du roman La Ferme africaine et qui a donné son nom à l’astéroïde 3318.

La pièce fait partie de la « trilogie des funérailles » proposée par Angélica Liddel, mais a été créée en réalité avant Dämon, el funeral de Bergman, pièce présentée en juillet 2024 dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon.

De Blixen, Liddell retient principalement qu’elle « avait promis son âme au diable, [et qu’]en retour le diable lui avait promis que tout ce qu’elle vivrait désormais deviendrait une histoire ». Et c’est aussi une forme de pacte avec le diable qu’elle veut sceller pour se venger de l’homme qui l’a quittée et laissée avec une douleur irrémédiable qu’elle cherche à exorciser par les mots et les images.

Prenant la forme d’un rituel occulte ou d’une grand-messe en bleu, noir et rouge, la pièce-cérémonie de plus de cinq heures est organisée en succession de cinq actes et tableaux qui paraissent épouser les étapes parfois associées au deuil : le déni à travers une reprise de la chanson de Jacques Brel Ne me quitte pas sur un monceau de fleurs blanches ; avant que ne se donnent à voir la colère, la tristesse exprimée notamment par un gigantesque boulet auprès duquel Angélica Liddell s’assoit, puis une forme de résignation traduite notamment par des images de futurs qui n’ont pas existé.

Mais ce cycle censé classiquement se terminer par une reconstruction ne sied pas à la colère de la performeuse, qui préfère organiser un final grandiose dans lequel elle orchestre ses propres funérailles, dans un dernier tableau où le rouge sang a pris la place du bleu des débuts et où résonnent 101 coups de canon ainsi que la musique de Ray Heredia.

Le spectacle a suscité une tribune du collectif Décolonisons les arts, publiée sur Sceneweb et mettant en cause l’imagerie raciale à l’œuvre dans ce spectacle fondé sur une écrivaine dont l’œuvre est fortement située dans le contexte colonial.

Vudú (3318) Blixen, d’Angélica Liddell, était récemment visible au théâtre de l’Odéon.

© Mediapart

« Manières d’être vivant »

Après les succès publics et critiques de la série théâtrale Les Trois Mousquetaires d’après Alexandre Dumas, et de la mise en scène en extérieur du roman de Jean Giono Que ma joie demeure, présentée notamment au Festival d’Avignon, la metteuse en scène Clara Hédouin adapte Manières d’être vivant, essai du philosophe Baptiste Morizot, figure de la réflexion contemporaine sur le vivant et les relations entre humains et non-humains.

Pour mettre en scène ce texte a priori éloigné du registre théâtral, Clara Hédouin réunit un petit groupe de passionné·es de nature au col de la Bataille, dans le Vercors, pour observer d’abord les oiseaux migrant vers l’Afrique.

Après que chaque acteur ou actrice s’est renommé·e pour incarner une faculté humaine – le doute, le raisonnement, la poésie, l’imagination, l’amour et l’attention –, ces enquêteurs et enquêtrices-philosophes se lancent sur la piste du loup.

Manières d’être vivant, signé Clara Hédouin, était visible récemment à La Criée à Marseille et à la MC93 de Bobigny et sera visible en juin à l’abbaye de Fontfroide puis à Calais en version extérieure, avant d’aller à Châteauvallon en juillet.

© Mediapart

Avec :

  • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre » ;
  • Caroline Châtelet, qui écrit pour Sceneweb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux ;
  • Vincent Bouquet, dont vous pouvez retrouver la plume sur Sceneweb.

 « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong.

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